
Comment l’hypnose peut-elle transformer votre vie ? – Rencontre avec Rayan Gori
-
Pour commencer, pouvez-vous vous présenter et nous expliquer ce qui vous a amené à devenir hypnothérapeute ?
Je m’appelle Rayan Gori, je suis hypnothérapeute et également engagé dans le travail social. Je ne suis pas arrivé à l’hypnose par hasard. À l’origine, il y a eu une démarche personnelle de développement, de compréhension de soi et de réflexion sur le fonctionnement humain. À un moment donné, je me suis rendu compte qu’il existait souvent une forme d’écart entre nos intentions et nos actions, entre ce que nous voulons accomplir et ce que nous parvenons réellement à mettre en place dans notre vie.
En cherchant à comprendre ces mécanismes, je me suis progressivement intéressé à la psychologie, aux automatismes psychologiques, puis à l’hypnose thérapeutique. J’y ai découvert un champ très riche pour explorer le fonctionnement de l’esprit humain, notamment tout ce qui relève des réactions émotionnelles apprises, des schémas répétitifs et de la manière dont notre histoire personnelle influence encore nos comportements actuels.
Ce qui avait commencé comme une recherche personnelle est ensuite devenu un véritable parcours de formation, puis une pratique professionnelle. Avec le temps, j’ai compris que l’hypnose n’était pas seulement un outil intéressant, mais un moyen particulièrement pertinent pour accompagner le changement lorsqu’une personne sent bien que quelque chose en elle se répète ou résiste malgré sa volonté consciente.
Aujourd’hui encore, je considère que ce voyage continue, parce que comprendre l’humain est un processus qui s’approfondit toute une vie.
-
Votre cabinet s’appelle Hypno-Alchimiste. Pourquoi ce nom et que représente-t-il dans votre approche du travail thérapeutique ?
L’alchimie est un mot qui peut prêter à confusion aujourd’hui, donc j’aime bien préciser ce qu’il signifie pour moi. Je ne l’emploie pas dans un sens folklorique ou ésotérique, mais surtout dans le sens symbolique qu’on retrouve notamment chez Carl Gustav Jung et dans la psychologie des profondeurs. Dans cette perspective, l’alchimie représente avant tout une métaphore de la transformation intérieure.
L’alchimiste travaille symboliquement à transformer une matière brute en quelque chose de plus abouti. Jung voyait dans ces images une manière de décrire ce que vit un être humain lorsqu’il traverse des phases de prise de conscience, de confrontation à lui-même, de remise en question et d’évolution psychique.
Dans mon travail thérapeutique, cette image parle assez bien de ce qui se passe. Une personne arrive avec des blocages, des difficultés, des répétitions émotionnelles ou comportementales, parfois avec l’impression d’être enfermée dans certains schémas. Le travail consiste alors à comprendre ces mécanismes, à les observer avec plus de lucidité, puis à permettre progressivement une transformation plus consciente.
Le nom Hypno-Alchimiste est donc né assez naturellement de cette idée. L’hypnose représente l’outil que j’utilise dans ma pratique, et l’alchimie représente ma manière de concevoir le changement et l’évolution humaine. En quelque sorte, c’est la rencontre entre un outil thérapeutique concret et une vision plus large de la transformation intérieure.
-
Vous insistez beaucoup sur une approche laïque et rigoureuse de l’hypnose. Pourquoi était-ce important pour vous ?
Aujourd’hui, dans le champ de la thérapie et du développement personnel, on trouve une grande diversité d’approches. Mon intention n’est pas de critiquer d’autres pratiques, mais je pense qu’il est important de garder un cadre clair et cohérent. Certaines approches mélangent différents registres, psychologiques, spirituels et/ou thérapeutiques, et cela peut parfois créer de la confusion pour les personnes qui consultent.
Pour prendre une image simple, lorsque vous consultez un médecin, vous vous attendez à une approche médicale. Vous n’attendez pas forcément qu’il vous parle de spiritualité ou de croyances personnelles. Ma démarche est assez similaire. Je ne dis pas que ces domaines sont incompatibles dans l’absolu, mais dans un cadre thérapeutique professionnel, il me paraît important de distinguer ce qui relève de la pratique clinique et ce qui relève des systèmes de croyance.
C’est pour cette raison que mon approche se veut laïque. Par exemple, je pratique l’hypnose régressive, mais mon rôle n’est pas d’imposer une interprétation particulière comme celle des vies antérieures. Si une personne interprète son expérience à travers ses propres croyances, cela peut être entendu et respecté. En revanche, mon travail reste centré sur l’expérience vécue, sur le sens qu’elle prend pour la personne et surtout sur ce que cela permet de transformer concrètement dans sa vie actuelle.
Cette posture permet de garder un cadre respectueux des croyances de chacun, tout en conservant une pratique thérapeutique structurée, responsable et lisible.
-
Beaucoup de personnes ont encore une vision très floue de l’hypnose. Concrètement, qu’est-ce que l’hypnose thérapeutique… et qu’est-ce qu’elle n’est pas ?
L’hypnose désigne à la fois un état de conscience particulier et les techniques permettant d’y accéder. Cet état n’est pas rare ni mystérieux. Nous en faisons déjà l’expérience dans la vie quotidienne, par exemple lorsque nous sommes absorbés dans un film, un livre ou une réflexion, au point de perdre un peu la notion du temps ou de l’environnement immédiat.
Dans un cadre thérapeutique, cet état permet de travailler plus directement avec certains mécanismes internes, notamment ceux que l’on appelle souvent l’inconscient. Si je devais utiliser une métaphore, je dirais que c’est un peu comme accéder aux réglages internes d’un système informatique. Dans la vie courante, nous utilisons surtout les fonctions visibles, mais certains paramètres plus profonds influencent notre manière de réagir, de ressentir et de répéter certains comportements.
L’hypnose thérapeutique permet justement d’accéder à ces niveaux plus profonds pour comprendre et modifier certains automatismes psychologiques. Par exemple, une personne peut vouloir arrêter de fumer, gérer son stress différemment, dépasser une peur récurrente ou modifier certaines réactions émotionnelles qui se répètent dans sa vie. Au niveau rationnel, elle sait souvent déjà ce qu’elle devrait faire, mais cela ne suffit pas toujours à produire un changement durable.
Ce que l’hypnose thérapeutique n’est pas, en revanche, c’est ce que l’on voit souvent dans les spectacles. L’hypnose de scène utilise les mêmes phénomènes psychologiques, mais dans un but de divertissement. En thérapie, le cadre est différent. La personne reste consciente, active dans le processus, et l’objectif n’est jamais de prendre le contrôle de quelqu’un, mais de lui permettre d’explorer ses propres ressources pour aller vers un changement utile et durable.
-
Dans votre travail, vous parlez souvent d’automatismes psychologiques. Pouvez-vous expliquer ce concept et pourquoi il est central dans le changement ?
Oui, et c’est une question importante, parce qu’elle est au cœur du changement thérapeutique. Une grande partie de notre fonctionnement repose sur des automatismes. Dans la vie quotidienne, on parle souvent simplement d’habitudes. Certaines sont utiles et nous facilitent la vie. Mais il existe aussi des automatismes plus problématiques qui se mettent en place au fil de nos expériences.
Notre cerveau apprend à associer certaines situations à certaines réactions. Par exemple, une personne qui a vécu plusieurs expériences de jugement ou d’humiliation lorsqu’elle était jeune peut développer, sans même s’en rendre compte, une réaction automatique de stress lorsqu’elle doit prendre la parole en public.
Même si la situation actuelle n’a plus rien de dangereux, le système émotionnel peut continuer de réagir comme si elle l’était. C’est là que l’on parle d’automatismes psychologiques. Ce sont des schémas appris qui se déclenchent souvent avant même que la personne ait le temps d’y réfléchir consciemment.
Le travail thérapeutique consiste donc à rendre ces mécanismes visibles, compréhensibles, puis à permettre progressivement au système d’apprendre d’autres réponses plus adaptées à la réalité actuelle. En ce sens, l’hypnose est intéressante parce qu’elle permet d’agir à un niveau où ces réponses automatiques se sont souvent construites.
-
Quelles sont les problématiques les plus fréquentes pour lesquelles les personnes viennent consulter ?
Je travaille principalement avec des problématiques liées à l’anxiété, au stress et aux périodes de transition de vie. Les personnes qui viennent consulter traversent souvent des moments de surcharge professionnelle, d’épuisement progressif, de perte de repères ou simplement le sentiment d’avoir perdu une forme d’équilibre intérieur.
Certaines viennent aussi parce qu’elles ont l’impression de répéter les mêmes schémas relationnels ou émotionnels sans vraiment comprendre pourquoi. D’autres ressentent une fatigue mentale importante, des difficultés à déconnecter, une tension intérieure constante ou la sensation de ne plus être alignées avec leur propre vie.
Nous vivons dans une société qui valorise beaucoup la performance, la rapidité et la productivité. Dans ce contexte, le repos, la prise de recul ou l’écoute de soi passent souvent au second plan. Beaucoup de personnes tiennent longtemps, jusqu’au moment où quelque chose se dérègle.
L’accompagnement thérapeutique offre alors un espace pour ralentir, comprendre ce qui se passe et retrouver des ressources plus stables. Ce n’est pas seulement un lieu pour parler d’un problème, c’est aussi un espace pour remettre du sens et du mouvement là où tout semble parfois figé.
-
Comment se déroule généralement une première séance d’hypnose avec vous ?
Les séances suivent une structure assez claire. Nous commençons toujours par un temps d’échange approfondi appelé anamnèse. Cela me permet de comprendre la situation de la personne, son contexte de vie, la manière dont sa problématique s’est construite et ce qu’elle souhaite véritablement changer.
Ce moment sert aussi à définir un objectif de travail clair et positif. Beaucoup de personnes savent très bien ce qu’elles ne veulent plus ressentir, moins de stress, moins d’anxiété, moins de blocages, mais ont plus de difficulté à formuler ce qu’elles souhaitent réellement développer à la place. Clarifier cela est déjà une étape importante du travail thérapeutique.
Ensuite vient la séance d’hypnose à proprement parler. La forme de travail varie selon la personne, sa sensibilité et la problématique abordée. Mon rôle est de guider le processus, tandis que la personne vit l’expérience intérieure de la séance.
Enfin, nous terminons toujours par un temps d’échange afin d’intégrer l’expérience vécue, de mettre des mots sur ce qui a émergé et, si nécessaire, de proposer des pistes ou des exercices simples à expérimenter dans la vie quotidienne.
-
Votre approche semble très centrée sur l’autonomie de la personne. Pourquoi est-ce un principe important dans votre pratique ?
C’est effectivement un principe central dans ma pratique. Je pars du principe que chaque personne est la mieux placée pour retrouver son propre équilibre. Un thérapeute peut accompagner, éclairer certains mécanismes ou proposer des outils, mais il y a des choses que personne ne peut faire à la place de l’individu.
Certaines approches entretiennent parfois, sans le vouloir, une forme de dépendance au thérapeute. La personne revient alors chercher une solution extérieure, alors que l’objectif devrait être de l’aider à développer ses propres ressources.
Mon intention est donc d’aider les personnes à comprendre leurs mécanismes, à prendre davantage de recul sur ce qu’elles vivent et à agir progressivement par elles-mêmes. C’est aussi pour cette raison que je développe des formations, des ressources et des outils d’auto-hypnose : afin que chacun puisse continuer le travail dans sa vie quotidienne, entre les séances ou au-delà du cadre thérapeutique.
-
Vous utilisez plusieurs formes d’hypnose (ericksonienne, humaniste, nouvelle hypnose, régressive). Comment choisissez-vous la méthode adaptée à chaque personne ?
Le choix dépend d’abord de la demande de la personne. Certaines souhaitent explorer une forme d’hypnose particulière dont elles ont entendu parler ou qu’elles ont déjà expérimentée.
Ensuite, le choix se fait aussi en fonction du profil psychologique, de la manière de fonctionner et de la nature de la problématique. Certaines personnes ont un esprit très analytique, d’autres sont plus sensibles aux images, aux métaphores ou aux sensations corporelles. Selon ces différences, certaines approches seront plus adaptées que d’autres.
Il n’existe pas une seule forme d’hypnose qui conviendrait à tout le monde. C’est pourquoi il est utile de maîtriser plusieurs approches afin d’adapter le travail à chaque situation plutôt que de vouloir faire entrer toutes les personnes dans un seul modèle.
-
Vous travaillez aussi avec les rêves et la symbolique. Quel rôle peuvent jouer les rêves ?
Je m’inspire beaucoup de l’approche de Carl Gustav Jung. Dans cette perspective, les rêves utilisent le langage de l’inconscient, un langage fait d’images, de symboles et de métaphores.
Ils ne donnent pas toujours des réponses directes, mais ils mettent souvent en scène certains aspects de notre vécu émotionnel, de nos tensions internes ou de nos processus de transformation. Par exemple, une personne traversant une période de transition peut rêver de chemins, de passages, de maisons ou de voyages. Ces images ne sont pas à interpréter de manière rigide, mais elles peuvent aider à mettre du sens sur ce que la personne traverse intérieurement.
Les rêves deviennent ainsi un support intéressant pour explorer certains mouvements psychologiques profonds. Ils permettent parfois d’aborder des contenus que la personne ressent déjà, mais qu’elle n’arrive pas encore à formuler clairement avec des mots.
-
En parallèle de votre activité de thérapeute, vous proposez également des formations et des ressources pour pratiquer en autonomie. Pourquoi cette dimension pédagogique est-elle importante pour vous ?
Elle est directement liée à la notion d’autonomie. Si l’on souhaite que les personnes deviennent plus autonomes, il faut aussi leur transmettre des outils, des repères et une certaine compréhension du processus.
Les formations, les livres et les ressources que je propose permettent d’explorer ces pratiques à son rythme et dans son contexte de vie. Une séance peut ouvrir des prises de conscience importantes, mais la transformation se construit souvent dans la durée, dans l’expérimentation personnelle et dans la répétition de nouveaux apprentissages.
La dimension pédagogique permet justement d’accompagner ce processus sur la durée. Elle prolonge le travail thérapeutique et donne à la personne des moyens concrets d’agir par elle-même.
-
Vous avez développé un travail autour de l’auto-hypnose dissociative. En quoi cela peut-il aider au quotidien ?
J’ai cherché à rendre la compréhension du processus hypnotique plus accessible en synthétisant certains mécanismes communs aux différentes pratiques. Plutôt que de proposer uniquement des scripts à suivre, j’ai voulu expliquer comment fonctionnent réellement des phénomènes comme la dissociation, la suggestion ou le travail avec les images internes.
L’auto-hypnose dissociative permet notamment de créer une distance intérieure face à certaines expériences émotionnelles. Lorsqu’une personne est submergée par une émotion, un souvenir ou une réaction automatique, cette prise de recul peut lui permettre d’observer la situation avec plus de calme et de clarté.
Dans la vie quotidienne, cette capacité est très utile. Elle permet souvent de sortir de réactions immédiates, de mieux comprendre ce qui se passe intérieurement et d’agir avec davantage de conscience. C’est une pratique qui peut renforcer l’autonomie, la régulation émotionnelle et la capacité à travailler sur soi de manière structurée.
-
Vous publiez aussi des articles et contenus de réflexion sur votre blog. Quel rôle joue votre blog dans votre démarche globale ?
Le blog me permet de développer certains concepts que je ne peux pas toujours approfondir dans une séance. Je le vois comme un espace de réflexion ouvert, qui s’adresse autant aux personnes intéressées par la psychologie qu’à des professionnels ou à des lecteurs curieux de ces questions.
Les articles permettent d’aborder des sujets liés à l’hypnose, aux mécanismes psychologiques et au changement personnel avec plus de nuance et de profondeur. C’est aussi un moyen de partager des réflexions, d’ouvrir des pistes de compréhension et parfois d’apporter un regard critique sur certaines idées répandues dans le domaine du développement personnel.
En ce sens, le blog fait partie intégrante de ma démarche. Il ne sert pas seulement à présenter une activité, mais aussi à nourrir une réflexion plus large.
-
Votre cabinet est situé àSonvilier, près de Saint-Imier. Pourquoi ce lieu et quelle importance accordez-vous à l’environnement dans le travail thérapeutique ?
Mon cabinet est situé dans la région de Saint-Imier, près de mon lieu de vie. Ce choix n’est pas anodin. Je suis convaincu que l’environnement joue un rôle important dans un travail thérapeutique.
Le calme, l’atmosphère du lieu et le sentiment de sécurité contribuent déjà au processus. Souvent, les personnes commencent à se détendre simplement en entrant dans cet espace et en prenant le temps de ralentir. Le cadre ne fait pas tout, bien sûr, mais il soutient le travail en créant des conditions plus favorables à l’apaisement, à la présence et à l’introspection.
C’est donc un aspect auquel j’accorde beaucoup d’importance.
-
Pour conclure, quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui ressent qu’il est temps de changer quelque chose dans sa vie, mais qui ne sait pas par où commencer ?
Le premier pas est souvent le plus difficile. Pourtant, reconnaître qu’un changement est nécessaire constitue déjà une étape importante.
Je conseillerais de commencer par s’informer, poser des questions, éventuellement rencontrer différents professionnels et prendre le temps de sentir ce qui semble juste pour soi. Le domaine de la thérapie est vaste, et il est important de faire preuve de discernement.
Les accompagnants peuvent éclairer le chemin, proposer des outils ou soutenir le processus, mais le mouvement de transformation appartient toujours à la personne elle-même. C’est souvent en avançant pas à pas, avec honnêteté envers soi et un minimum d’engagement, que les changements les plus durables commencent réellement.
Rayan Gori – Sonvilier, le 19.03.2026
Hypnothérapeute Certifié
Fritz-Marchand 2
2615 Sonvilier
Tél. : 076 639 37 64
Site internet : hypno-alchimiste.com






