« Notre visage raconte notre santé » Rencontre avec Mai Phan Thi, fondatrice de Kantum Formations

Un grand merci à Mai Phan Thi pour sa disponibilité, sa générosité et le partage de son expérience, qui nous permettent de mieux découvrir le Diện Chẩn, une méthode fascinante de réflexologie faciale, ainsi que sa passion pour la transmission de cet art venu du Vietnam.

 

Rencontre avec Mai Phan Thi, fondatrice de Kantum Formations

Formée au Vietnam auprès du créateur du Diện Chẩn et de son fils, Mai Phan Thi dirige Kantum Formations, représentante officielle en Suisse de l’école de Diện Chẩn du Vietnam. Elle y transmet cette méthode de réflexologie faciale à un public aussi large que varié.

Vous souvenez-vous de votre toute première séance de Diện Chẩn ?

C’était au Vietnam, dans la clinique du professeur Bùi Quốc Châu, le créateur de la méthode, lors de stages supervisés par son fils, Maître Bùi Minh Luân.

Je me souviens d’une personne venue pour des troubles du sommeil et de l’anxiété, qui a réagi très intensément parce que je m’étais trompée dans l’ordre des protocoles. Ce jour-là, j’ai compris la puissance de la méthode, mais surtout la responsabilité de celui qui la pratique.

Je garde aussi un souvenir tendre de mon premier client au cabinet : un monsieur agoraphobe, sceptique, venu « pour essayer ». Aujourd’hui encore, quand il passe devant le cabinet en Harley, il ne manque jamais de klaxonner !

 

Que révèle réellement le visage de notre état intérieur ?

En Diện Chẩn, le visage est une véritable cartographie du corps : chaque zone correspond à une partie de l’organisme. Une rougeur, une cicatrice, un changement de teint deviennent des pistes d’observation.

Pourquoi le visage ? Parce que c’est l’une des zones les plus richement innervées du corps, directement reliée au cerveau. C’est ce qui explique, selon nous, les réponses parfois immédiates observées en séance et la capacité du système nerveux à se réajuster, grâce à sa plasticité.

J’aime comparer le visage à une télécommande naturelle : en stimulant certaines zones, on sollicite les mécanismes d’autorégulation du corps.

 

Qu’avez-vous appris de Maître Bùi Minh Luân que l’on ne trouve dans aucun livre ?

Le professeur Bùi Quốc Châu enseigne toujours au Vietnam : c’est une chance rare de bénéficier de l’héritage vivant du créateur d’une méthode.

J’ai choisi de suivre son fils pour son immense expérience clinique. Ces dix dernières années, il a fait évoluer de nombreux protocoles à partir de ce qu’il observait sur le terrain. Il nous enseigne qu’être fidèle à une méthode, ce n’est pas la figer : c’est l’approfondir en respectant ses fondements. C’est cette version actualisée que nous enseignons chez Kantum.

 

Comment faire voyager le Diện Chẩn du Vietnam à la Suisse sans le dénaturer ?

En gardant un lien direct avec ses racines. Kantum Formations est la représentante officielle en Suisse de l’école de Diện Chẩn du Vietnam, et je transmets cette approche avec rigueur, dans le respect de son histoire et de ses maîtres.

Nos stages d’approfondissement se déroulent sur le terrain, dans la clinique du professeur Bùi Quốc Châu. Pendant quinze jours, les stagiaires pratiquent, observent les consultations et apprennent auprès de ceux qui font vivre la méthode au quotidien. On en revient avec des gestes plus sûrs et une vraie compréhension de l’esprit du Diện Chẩn.

 

Quel parcours d’élève vous a le plus marquée ?

Plutôt qu’un parcours en particulier, c’est la diversité des profils qui me marque. Il y a des thérapeutes, bien sûr, et de plus en plus de personnel hospitalier. Mais j’ai aussi accueilli un huissier de justice, un cuisinier, un dentiste… Des personnes curieuses, venues pour elles-mêmes, pour leurs proches ou pour une reconversion. Ce mélange rend chaque formation très riche.

Avoir des bases en médecine traditionnelle chinoise est un plus, mais le Diện Chẩn est une méthode indépendante de la MTC : tout le monde peut l’apprendre et la pratiquer.

 

La simplicité des outils est-elle la force du Diện Chẩn ?

Oui, mais simplicité ne signifie pas facilité. Quelques outils suffisent, mais leur bon usage repose sur une cartographie riche, des connaissances précises, de l’observation et de la pratique. C’est ce contraste qui me fascine, et c’est pourquoi une formation sérieuse est essentielle.

 

Que se passe-t-il pendant une séance de Diện Chẩn Beauté ?

Derrière le mot « beauté », il y a bien plus qu’un soin esthétique. Maître Bùi Minh Luân a développé cette approche après avoir constaté que le travail sur le visage avait aussi des effets visibles sur l’apparence.

Des traits tirés peuvent par exemple orienter vers la zone associée aux poumons, une peau à imperfections vers celles de la rate et du foie. Ce qui me passionne, c’est ce lien entre beauté et équilibre global, et la possibilité d’apprendre des gestes simples à intégrer à sa routine.

 

Comment le Diện Chẩn favorise-t-il l’autonomie ?

L’autonomie est au cœur de la méthode. Le Diện Chẩn est né au Vietnam en temps de guerre, avec très peu de moyens : il fallait pouvoir aider simplement, avec presque rien.

Cet esprit est toujours là. Dès le premier niveau, on repart avec des gestes concrets pour aborder les maux du quotidien, pour soi comme pour les autres, tout en sachant reconnaître les situations qui nécessitent un avis médical.

 

Que répondez-vous aux sceptiques ?

Je ne cherche pas à les convaincre : je les invite à découvrir la méthode et à se faire leur propre opinion. Je crois à la rigueur, à l’humilité et à une transmission responsable. Et je ne promets jamais de résultats systématiques.

 

Quel est votre rêve pour Kantum Formations dans dix ans ?

Que Kantum devienne une référence du Diện Chẩn, toujours reliée au Vietnam, et une communauté vivante de praticiens qui continuent d’apprendre ensemble.

Je me suis rendu compte que les formations que j’avais envie de suivre étaient souvent celles que j’avais envie de proposer aux autres. Kantum propose donc aussi des formations continues post-grade, avec des maîtres que je fais venir spécialement : kinésiologie transpersonnelle, craniopuncture de Yamamoto, moxibustion japonaise et qi gong médical. D’autres programmes sont en préparation.

Pour moi, transmettre, c’est aussi rester curieuse.

 

Kantum Formations
École de Diên Chẩn et médecines complémentaires en Suisse

Chemin de l’Arzelier 32
1071 Chexbres

079 955 05 27
kantum-formations.com

Comments are closed.