
Le viager est-il en train de transformer la retraite des propriétaires suisses ?
Nous adressons nos sincères remerciements à Christophe Andrié pour le temps qu’il nous a accordé ainsi que pour la qualité de ses explications et de son témoignage. Son approche humaine, transparente et accessible permet de mieux comprendre les enjeux actuels du viager en Suisse romande.
À travers cette interview, il apporte un regard concret et rassurant sur une solution encore peu connue, mais qui répond aujourd’hui à de nombreuses réalités liées à la retraite, au patrimoine immobilier et au vieillissement de la population.
Interview Christophe Andrié – Le viager transforme progressivement la manière de vivre la retraite en Suisse
1. Christophe Andrié, pouvez-vous nous expliquer simplement ce qu’est le viager et pourquoi cette solution attire de plus en plus de Suisses aujourd’hui ?
Le viager est une forme de vente immobilière qui permet à un/e propriétaire de vendre son bien tout en continuant à l’habiter jusqu’à la fin de sa vie ou jusqu’à son départ volontaire. En échange, il/elle reçoit un capital immédiat — appelé bouquet — et éventuellement une rente mensuelle à vie.
Aujourd’hui, cette solution attire de plus en plus de Suisses parce qu’elle répond à une réalité sociétale très forte : les retraites diminuent, les charges augmentent, les hypothèques deviennent parfois difficiles à maintenir et beaucoup de seniors possèdent un patrimoine immobilier important mais peu de liquidités.
Le viager permet donc de transformer une partie de ce patrimoine en capital, sans devoir quitter son logement ni changer de cadre de vie. C’est une solution humaine, sécurisée et particulièrement adaptée au vieillissement de la population.
2. Beaucoup de propriétaires connaissent mal le viager. Quels sont selon vous les plus grands avantages pour un senior qui souhaite vendre son bien tout en restant chez lui ?
Le principal avantage est évidemment de pouvoir rester chez soi. À un certain âge, déménager peut être extrêmement difficile psychologiquement et physiquement. Le viager permet de conserver ses habitudes, son quartier, ses voisins et son confort de vie.
Ensuite, il y a l’aspect financier. Le vendeur récupère un capital important qui peut servir à améliorer sa retraite, rembourser une hypothèque, financer des soins, voyager, aider ses enfants ou simplement vivre plus sereinement.
Le viager permet également de préparer une succession plus facilement. Il est souvent plus simple de transmettre des liquidités que de partager un bien immobilier entre héritiers.
Enfin, le vendeur reste protégé juridiquement grâce à un acte notarié et à l’inscription de son droit d’habitation au registre foncier.
3. Le viager est parfois entouré d’idées reçues. Quels sont les préjugés que vous entendez le plus souvent et que vous aimeriez déconstruire ?
Le plus fréquent est probablement l’idée selon laquelle le viager serait une forme de “pari sur la mort”. Cette vision est complètement dépassée et ne correspond pas à la réalité de notre métier.
Le viager moderne est avant tout une solution patrimoniale et sociale. Les acheteurs ne souhaitent pas le décès du vendeur ; au contraire, lorsque la relation est saine, les deux parties ont intérêt à ce que tout se passe bien sur le long terme.
Un autre préjugé est de penser que le vendeur “se fait avoir” ou vend son bien à perte. En réalité, les calculs sont encadrés et tiennent compte de l’âge, de la valeur du bien, du droit d’habitation et de nombreux paramètres actuariels.
Enfin, beaucoup pensent que le viager est réservé aux personnes en difficulté financière. C’est faux. Certains clients ont simplement envie de profiter de leur patrimoine de leur vivant ou d’aider leurs enfants plus tôt.
4. Chez Viagers.ch, vous insistez sur l’aspect humain et personnalisé de l’accompagnement. Pourquoi cette dimension est-elle essentielle dans votre métier ?
Parce qu’un viager n’est pas une vente immobilière classique. Derrière chaque dossier, il y a une histoire de vie, une famille, des inquiétudes, parfois des situations émotionnelles complexes.
Les vendeurs nous confient souvent le bien de toute une vie. Cela demande énormément d’écoute, de transparence et de confiance.
Notre rôle ne consiste pas uniquement à trouver un acheteur. Nous devons aussi expliquer, rassurer, accompagner les familles, travailler avec les notaires, les fiscalistes et parfois même les enfants des vendeurs.
Chez Viagers.ch, nous suivons nos clients du premier rendez-vous jusqu’après la signature. Cet accompagnement humain est indispensable dans un domaine aussi sensible.
5. Comment se déroule concrètement une vente en viager, depuis la première estimation jusqu’à la signature chez le notaire ?
Tout commence par une rencontre et une analyse de la situation du propriétaire. Nous effectuons ensuite une estimation détaillée du bien immobilier et calculons les différentes possibilités : bouquet, rente éventuelle, droit d’habitation, fiscalité, etc.
Nous expliquons ensuite les avantages et les implications du viager afin que le vendeur puisse prendre une décision éclairée.
Une fois le mandat signé, nous recherchons un acquéreur correspondant au projet. Lorsque nous trouvons un accord entre les parties, le notaire prépare l’acte de vente.
La signature se déroule ensuite chez le notaire, qui garantit la sécurité juridique de l’opération. Le droit d’habitation du vendeur est inscrit au registre foncier et le bouquet est versé immédiatement.
6. Vous accompagnez également des investisseurs. Pourquoi le viager représente-t-il aujourd’hui une opportunité intéressante sur le marché immobilier suisse ?
Le viager offre une opportunité patrimoniale très intéressante dans un marché immobilier suisse particulièrement stable.
Pour les investisseurs, cela permet souvent d’acquérir un bien avec une décote importante par rapport au prix du marché traditionnel. De plus, il s’agit d’un investissement dans la pierre, souvent sans vacance locative et avec une vision à long terme.
Mais au-delà de l’aspect financier, beaucoup d’investisseurs apprécient aussi la dimension éthique du viager. Ils participent à une solution qui permet à des seniors de vivre dignement leur retraite.
Aujourd’hui, nous observons également un intérêt croissant d’investisseurs plus jeunes qui souhaitent diversifier intelligemment leur patrimoine.
7. Quels conseils donneriez-vous à une personne qui hésite encore à vendre en viager par peur de perdre le contrôle de son logement ou de son patrimoine ?
Je lui dirais justement que le viager est conçu pour protéger le vendeur.
Le droit d’habitation ou l’usufruit sont inscrits officiellement au registre foncier. Cela signifie que le vendeur reste totalement protégé juridiquement et conserve le droit de vivre chez lui selon les conditions prévues dans l’acte.
Le plus important est d’être bien accompagné et de prendre le temps de comprendre chaque clause du contrat. Un viager doit être personnalisé et adapté à la situation de chaque personne.
Il doit nous contacter pour avoir une projection et un conseil professionnel sur la situation.
Je conseille toujours aux clients d’en discuter également avec leurs proches afin que tout soit clair pour tout le monde.
8. Le marché du viager évolue-t-il en Suisse romande ? Observez-vous une nouvelle génération de vendeurs ou d’investisseurs ?
Oui, clairement. Le marché se démocratise progressivement en Suisse romande.
Il y a quelques années encore, le viager était très mal connu et parfois mal perçu. Aujourd’hui, grâce à l’information, aux médias et à l’évolution économique, les mentalités changent.
Nous voyons arriver des vendeurs plus jeunes qui anticipent leur retraite plutôt que d’attendre d’être dans une situation difficile.
Du côté des investisseurs, une nouvelle génération s’intéresse au viager comme investissement alternatif, stable et socialement utile.
9. Votre métier vous amène à rencontrer des parcours de vie très différents. Y a-t-il une expérience ou une histoire qui vous a particulièrement marqué ?
Il y en a énormément. Mais ce qui me marque le plus, ce sont les clients qui retrouvent une sérénité grâce au viager.
Je pense notamment à des couples retraités qui ne parvenaient plus à joindre les deux bouts après une hausse des charges ou des intérêts hypothécaires. Grâce au viager, ils ont pu conserver leur maison et vivre beaucoup plus sereinement.
Ce métier est humainement très fort. Quand des clients vous disent quelques mois plus tard qu’ils peuvent enfin profiter de la vie, voyager ou aider leurs enfants, cela donne énormément de sens à notre travail.
10. Pour conclure, comment voyez-vous l’avenir du viager en Suisse dans les prochaines années, et quel rôle souhaitez-vous jouer avec Viagers.ch ?
Je pense que le viager va continuer à se développer progressivement en Suisse.
Le vieillissement de la population, les problématiques de retraite et l’évolution du marché immobilier rendent cette solution de plus en plus pertinente.
Le viager restera probablement un marché de niche, mais un marché important et utile socialement.
Avec Viagers.ch, notre objectif est de continuer à professionnaliser et démocratiser le viager en Suisse romande, tout en conservant une approche humaine, transparente et éthique.
Nous voulons continuer à accompagner nos clients avec sérieux et bienveillance afin que chaque opération soit véritablement une solution gagnant-gagnant.






